Nouvelles manifestations et affrontements à Paris
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Les étudiants ont à nouveau affronté les forces de l’ordre dans le Quartier Latin, alors que des élèves de Sciences-Po ont été reçus au ministère de l’Éducation nationale, rue de Grenelle.
Tôt dans la matinée du samedi 11 mai, trois cents manifestants massés en haut du boulevard Saint-Michel se sont opposés aux forces de l'ordre, qui ont répondu par des grenades lacrymogènes.
À 10h45, les agrégatifs qui devaient composer ont opposé un refus collectif et se sont assis en tailleur au travers de la rue Soufflot, face à la police. Selon eux, une partie de leurs camarades n’ont pas pu se présenter aux épreuves parce qu'ils ont été blessés, arrêtés la veille ou même empêchés de rejoindre le Quartier Latin. Devant le lycée Henri IV, une grève similaire a rassemblé environ deux cents étudiants campés sur la chaussée en signe de protestation.
Les étudiants de Sciences-po, dont l'épreuve finale a été reportée, ont manifesté rue de Grenelle dans l’intention d’envoyer une délégation à Alain Peyrefitte. Trois étudiants ont finalement été reçus par le directeur des enseignements supérieurs.
Par ailleurs, une manifestation de lycéens s’est déroulée sans incidents de la Place Clichy à la gare Saint-Lazare. On a également signalé un petit groupe d’étudiants place de la République, juchés sur le socle de la statue.
Vers une grève générale de 24 heures le 13 mai
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Le mot d'ordre est lancé par la CGT, la CFDT et la FEN avec le soutien des partis politiques de gauche.
Manifestation de syndicats place de la République en mai 68 (AP)
Dans la matinée du 11 mai, les prises de contact et les tractations se sont succédées, entrecoupées par les assemblées des syndicats et des organisations politiques, pour organiser une riposte à la brutalité des charges policières intervenues dans la nuit de la veille.
Le SNES a confirmé son mot d'ordre de grève dans la matinée. Vers 9 heures, les dirigeants de la CGT et de la CFDT se sont réunis à la Bourse du travail pour s’entretenir avec les représentants du SNES et de l'UNEF.
Ils ont publié à midi un communiqué commun appelant, afin de "relever le défi du pouvoir", à une grève générale de vingt-quatre heures le lundi 13 mai et à de puissantes manifestations "auxquelles la population ne manquera pas de participer massivement". Le communiqué se termine sur le cri de ralliement suivant : "Halte à la répression, liberté, démocratie! Vive l'union des travailleurs et des étudiants".
À la même heure, la FEN appelait également à la grève générale.
La FEN est la Fédération de l'Education nationale. Il s'agit d'une fédération de syndicats de l'Education nationale, de la recherche et de la culture.
Le SNES, Syndicat national des enseignements de second degré, est le premier syndicat des personnels enseignants, d'éducation et d'orientation.
Cinquante mille manifestants dans les rues de Bonn
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Les participants au défilé ont protesté contre la législation d'exception encore en vigueur en RFA. Deux mille étudiants ont porté un message de solidarité avec le mouvement français à l'Ambassadeur.
Pour la première fois depuis sa fondation en 1949, la capitale de la RFA a connu une manifestation d'ampleur : cinquante mille manifestants venus de toute l'Allemagne de l'Ouest se sont retrouvés dans le jardin de l'université, situé au cœur de la ville, pour protester contre la législation d'exception encore en vigueur dans le pays. Celle-ci, objet de débats depuis 1949, avait pourtant failli être supprimée en 1965.
La manifestation s'est déroulée dans le calme, et les forces de police, qui avaient été massivement déployées, n'ont pas eu à intervenir. Une délégation de deux mille manifestants d'extrême gauche a porté à l'ambassadeur de France un message de solidarité aux étudiants français. Ils ont scandé, jusqu'à tard dans la nuit, des slogans tels que "Le gaullisme conduit au fascisme".
EN BREF
• La police grecque a procédé à une soixantaine d'arrestations à Salonique au cours des deux derniers jours.
• Harold Wilson a réaffirmé sa volonté de ne pas démissionner en dépit de la défaite électorale du Labour.
• Le Bodil 1968 (Oscar danois) du meilleur film européen a été attribué à "Belle de jour" de Luis Bunuel avec pour vedette Catherine Deneuve.
• 20 000 manifestants à Lille et 10 000 en Moselle selon les organisateurs – bien moins selon la préfecture – ont tenu meeting place de l'Esplanade pour demander des mesures de relance de l'emploi.
• Selon la commission des comptes de l'agriculture, le pouvoir d'achat des agriculteurs français a augmenté de 4,3% en 1967
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